Rencontres amoureuses avec les mots… C’est notre speed-booking n°2 !

Si chacun a sa propre histoire avec les livres, ils ne nous laissent jamais indifférents : certains sont comme de vieux amis qu’on aime retrouver, d’autres nous inspirent ou nous font réfléchir, d’autres encore nous agacent… C’est tout le charme de la littérature : on papillonne, on rencontre, on effleure, on découvre de nouvelles saveurs, on déteste ou on se laisse séduire… et parfois, c’est le coup de foudre.

Et lorsque les passions se déchaînent, si elles peuvent nous donner des ailes, ainsi qu’à l’héroïne de Funérailles célestes, elles sont quelquefois brûlantes et destructrices, comme c’est le cas dans Un petit jouet mécanique. Dans Porteurs d’âmes, elles illuminent d’espoir un monde déchiré par la violence…

Voici donc les livres qui ont su toucher mon cœur cette semaine : j’espère, que, tout comme moi, vous passerez des moments délicieux en leur compagnie.

Suspense sous la brûlure d’un été corse

J’ai aimé : la plongée en apnée dans une atmosphère suffocante autant que dans les pensées les plus intimes d’une adolescente, et la beauté du style qui nous happe dès les premières lignes.

Anna, adolescente maussade et rebelle, s’ennuie ferme dans le hameau en ruine où elle passe ses vacances en compagnie de ses parents. Toute à ses rêves d’idéaux, de rock’n'roll et d’ailleurs, elle voit d’un oeil noir l’arrivée d’Hélène, sa soeur aînée qu’elle n’apprécie guère, et du bébé de celle-ci. Tourmentée par la solitude et l’hostilité d’Acquargento, ce lieu sauvage, la jeune fille commence à nourrir des soupçons quant au comportement de sa soeur envers le bébé….

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Une histoire d’amour et de loyauté dans les plaines du Tibet

J’ai aimé : la bouffée d’air procurée par l’histoire de vies si éloignées de la nôtre, le dépaysement, la pureté et la force des sentiments.

Wen et Kejun sont de jeunes étudiants en médecine, remplis de l’espoir des premières années du communisme en Chine. Par idéal, Kejun s’enrôle dans l’armée comme médecin. Peu après, Wen apprend la mort de son mari au combat sur les plateaux tibétains. Refusant de croire à cette nouvelle, elle part à sa recherche et découvre un paysage auquel rien ne l’a préparée – le silence, l’altitude, le vide sont terrifiants. Perdue dans les montagnes du nord, recueillie par une famille tibétaine, elle apprend à respecter leurs coutumes et leur culture. Après trente années d’errance, son opiniâtreté lui permet de découvrir ce qui est arrivé à son mari…

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Qui n’a jamais rêvé de se glisser dans la peau d’un autre ?

J’ai aimé : le mélange détonnant entre l’intrigue haletante, les idées et réflexions originales sur la nature humaine, l’omniprésence de l’amour… on ne peut plus s’arrêter de tourner les pages !

Quel rapport entre une africaine clandestine qui se croit possédée, un jeune privilégié en mal de sensations fortes et un flic en marche vers une nouvelle vie ? Sur le thème très moderne du voyage dans le corps de l’autre, ce roman à suspens ose une totale liberté romanesque pour mieux évoquer la rencontre de l’altérité et la différence. Mais il est avant tout le premier roman d’amour d’un auteur, qui nous surprend encore par l’ampleur de son imaginaire et, plus que jamais, par son efficacité narrative.

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Interview : Gabriel Eugène Kopp, auteur de notre nouveau feuilleton littéraire Para Bellum !

Ce mois-ci, Youboox publie la première saison d’un feuilleton littéraire inédit : vibrez au rythme des vingt épisodes de la série Para Bellum, un polar trépidant né sous la plume alerte de l’écrivain Gabriel Eugène Kopp. Youboox a voulu en savoir plus sur la genèse de l’œuvre et a donc interviewé ce poète à la croisée des genres. Auteur des romans de science-fiction Au nord-nord-ouest d’Eden et La dernière nécropole, son recueil de poèmes Mots de passe a été couronné du prix Jean Cocteau en 2010.

"Pour moi, la culture, c'est une profession de foi" photo DNA

D’où sont venues l’idée et l’envie d’écrire Para Bellum ?

Ce texte est né d’une certaine fascination pour le polar, mais aussi de l’envie d’expérimenter la façon dont on peut sortir d’un genre. La première saison a pour origine un roman, écrit il y a quelques années pour entrer dans ce domaine très fermé du roman policier. Les ingrédients essentiels y sont : un mystère, des personnages coupables que les indices désignent, des conclusions hâtives, une solution imprévue qui concorde avec les observations et le raisonnement… Si ce texte est peut-être une façon de se moquer du genre, c’est aussi et avant tout un hommage, une manière de lui prouver mon respect. L’aspect science-fiction du texte s’est imposé ultérieurement.

 

Le fait de tendre vers la science-fiction vous a-t-il aussi permis d’écrire plus librement ?

Situer l’intrigue dans un avenir relativement proche, comme c’est le cas pour Para Bellum, permet de prendre certaines libertés, tout en conservant une vraisemblance grâce à laquelle le lecteur peut toujours s’identifier. Dans le polar au sens strict du genre, les sources de documentation sont toujours exigibles, alors que la science-fiction est intéressante car elle permet de sortir des frontières de ce que la documentation nous impose.

Jérémy est un personnage ambivalent, à la fois « loser » et expert dans son domaine : est-ce cette ambiguïté qui vous a plu chez le personnage et que vous avez aimé écrire ?

Pour moi, Jérémy n’est pas un « loser ». C’est un professionnel extrêmement compétent qui a été mis sur la touche. On peut dire qu’il est atteint du mal du siècle : il est naïf, il est un peu dépressif, et surtout il a été trahi. On a donc affaire à un type incroyablement efficace, dans mon idée, mais qui, parce qu’il s’est fait virer, devient lucide. C’est à travers la souffrance que naît souvent cette lucidité. Il y a une expression allemande qui dit « c’est avec des ennuis qu’on devient intelligent ».

"Un concept entre tradition et modernité : il y a une persistance dans les formes, comme une survivance imaginaire"

En effet, cette souffrance se ressent à la lecture : au début de l’histoire, le héros est dans un état peu enviable. Vous tenait-il à cœur de traiter de thèmes comme la solitude, la pauvreté ou l’isolement ?

L’histoire de Jérémy fait écho à l’époque actuelle, avec laquelle je me sens en décalage. Beaucoup de gens reçoivent d’excellentes formations et développent des compétences extraordinaires, et deux jours plus tard, ça n’intéresse plus personne et ils sont mis dehors. J’ai voulu traiter avec un peu d’humour ce côté tragique chez le héros : c’est pour cela que je l’ai baptisé Jérémy. Il y a ici une référence biblique au prophète Jérémie, qui s’est senti abandonné de Dieu. Je n’ai pas du tout décrit le personnage comme un perdant, mais comme quelqu’un qui a vécu une désillusion.

Il est vrai qu’on  trouve souvent dans Para Bellum de l’humour et de l’ironie : était-ce une manière de mettre à distance une certaine gravité de vos thèmes ?

C’est avant tout un certain cynisme, une espèce de désespoir qui pourrait saisir n’importe qui à l’idée que, comme Jérémy, l’on peut s’investir énormément dans quelque chose sans résultats. Et surtout, le cynisme permet de mettre à distance un constat moral : l’idée que la société occidentale semble aujourd’hui être plus préoccupée de son ego que de son alter ego, c’est-à-dire plus tournée vers son « soi » étriqué que vers une découverte de l’autre et de sa richesse.

Vous disiez plus tôt que le genre de la science-fiction vous avait permis d’écrire de façon un peu plus libre. La forme courte du feuilleton ne s’est-elle cependant pas imposée comme une contrainte ?

La contrainte ne me gêne pas. Depuis que je suis publié, je suis confronté à des éditeurs ou à des correcteurs très intelligents qui m’imposent des contraintes et qui m’amènent à sortir du premier jet pour modifier la forme et les contenus, pour améliorer mon texte… C’est un travail que j’adore. La frustration est quelque chose qui me fait avancer. Ce qui peut m’apprendre quelque chose me fait grandir. Dans ce feuilleton, la contrainte était bien présente puisque j’ai choisi de réutiliser partiellement la forme du feuilleton classique, c’est-à-dire qu’il faut rappeler en deux ou trois lignes l’épisode précédent puis annoncer l’épisode suivant, afin laisser le lecteur dans le suspense jusqu’à la prochaine publication.

Cette contrainte a-t-elle influencé votre style ? Comment s’est passé le processus d’écriture ?

A l’origine, quand j’ai écrit Para Bellum, c’était par enthousiasme, et plutôt dans l’idée de créer un roman composé de quatre grandes parties, donc plutôt un format long. Lorsque j’ai rencontré Fabien Sauleman de Youboox, la discussion nous a menés vers ce projet, que je lui ai proposé de manière quasi intuitive : pourquoi pas un feuilleton ?

"Il faut bien alimenter ses rêves..."

 

Le streaming est quelque chose qui nous met à l’écoute d’une actualité du besoin, une forme qui ne nécessite pas une concentration constante. J’ai trouvé cette idée formidable : on est ici dans une forme du numérique bien plus moderne que la simple publication de livres sur tablettes ou liseuses, qui s’inscrit toujours dans la lignée du livre papier. Je me suis demandé ce qui, sur le plan formel et dans l’histoire de la littérature, pouvait correspondre à cela. Le feuilleton littéraire était un cadre en bas de page des journaux : il y a donc des formes qui persistent ; on retrouve une certaine concomitance, comme une survivance imaginaire. Un feuilleton littéraire en streaming est donc un concept qui va très loin dans la modernité et qui pourtant se nourrit de la culture classique.

Ces notions de streaming et d’épisodes renvoient également aux imaginaires de la télévision ou du cinéma. Etes-vous aussi influencés par ces formes artistiques ? Quelles sont les oeuvres qui vous inspirent ? 

Au niveau cinématographique, mes influences majeures sont très classiques : Fellini, Tim Burton, Tex Avery…. Quant à mes influences littéraires, elles sont très diverses, et vont de Thomas de Quincey à Sigmund Freud ou Tristan Corbière, que j’aime beaucoup lire. Du point de vue du style, j’ai été très influencé par Conan Doyle : je trouve fabuleuse la manière dont il arrive à tisser des ambiances. Et puis Shakespeare, un des grands producteurs de textes apocalyptiques, ou encore André Gide, modèle absolu du style selon moi. Enfin, des auteurs comme Jim Thompson m’ont beaucoup inspiré grâce à leur travail sur le polar et la sociologie. Et bien sûr, les romans de science-fiction et les biographies de grands explorateurs : il faut bien alimenter ses rêves… La culture, c’est une profession de foi !

Vous pouvez lire les premiers épisodes de Para Bellum ici.

Merci à Gabriel Eugène Kopp !

Propos recueillis par Hayat Slimani et Camille Vitton

Interview : Stéphan Szeremeta, directeur éditorial du Petit futé dit tout sur la réalisation d’un guide de voyage !

Chères lectrices, chers lecteurs,

Pendant très longtemps, j’ai emporté mes guides de voyages un peu partout sans me poser trop de questions. Les guide de l’Inde, de l’Ouzbékistan et de la moitié des villes européennes sont passés entre mes mains et je ne faisais qu’envier ces reporters du voyage payés pour parcourir le monde et nous trouver les meilleurs endroits! Depuis, j’ai du me rendre à la raison : l’écriture des guides, c’est un métier comme un autre et ce n’est pas Stéphan Szeremeta, le directeur éditorial du Petit futé qui dira le contraire ! Je l’ai joint au téléphone en lui posant des tonnes de questions auxquelles il a gentiment accepté de répondre.

Cliquez ici pour écouter l’interview Stéphan Szeremeta

Bonne écoute et à bientôt!

par Hayat Slimani

Interview exclusive de Jean-Jacques Rousseau : « J’ai 300 ans et toutes mes dents ! »

En pleine écriture de son autobiographie Les rêveries du promeneur solitaire, Jean-Jacques Rousseau nous a fait faux bond en 1778. Après une absence record de 234 ans, il revient à Paris. Il a choisi Youboox pour son grand retour. Rencontre avec le plus grand fugueur de l’Histoire de la littérature.

Rousseau, toujours aussi fringant.

Youboox : Bonjour Jean-Jacques ! Nous sommes ravis de vous accueillir après cette longue pause dans votre carrière. Qu’avez-vous fait pendant tout ce temps ?

Jean-Jacques Rousseau : Je n’ai pas écrit pendant ces 234 années qui me séparent du moment où j’ai posé ma plume sur le manuscrit des Rêveries du promeneur solitaire pour ne plus jamais y revenir. Disons qu’il y a des moments de l’Histoire où mes théories ont pris quelques coups. J’aurai mieux fait de me taire lorsque j’ai déclaré que la religion était un objet de paix. J’ai été condamné à vivre plusieurs dizaines d’années avec Voltaire, le type le plus fourbe du monde après BHL mais les rancoeurs se diluant bien dans l’alcool, nous sommes devenus amis.

Youboox : Après une telle absence, que pensez-vous de l’utilisation que le monde a fait de vos théories ?

J.-J. R. : Je suis indigné. Comprenez qu’il y a des colères saines. Mon contrat social a été détourné. J’affirme que le contrat social est un moyen pour tous d’être libre et égaux et voilà qu’une poignée de philosophes dégénérés incluent les femmes dans ce « tous » et le droit de vote leur est accordé. – Silence, Jean-Jacques est perdu dans ses pensées puis il reprend- . Je dois avouer que je me suis trompé sur les femmes. Femmes et hommes sont égaux, au moins en matière de bêtise, les échéances électorales des dernières dizaines d’années l’ont bien montré. Nous votons tous plus mal les uns que les autres.

Youboox (équipe étonnée) : Vous votez, Jean-Jacques ?

J.-J. R : Oui, je suis électeur à Hénin-Beaumont mais je garderais secret le nom que j’ai glissé dans l’urne.

Youboox : Bien … continuons. Nous avons relu vos œuvres avec attention, le tout en version numérique.

J.-J. R (complétement affolé): En version quoi ?!

Youboox : En version numérique, Jean-Jacques. On avait un fichier PDF avec l’intégralité de vos écrits.

J.-J. R : Oui, j’ai entendu dire que vous étiez sur ce crédo et que vous aviez déjà plus de 10 000 utilisateurs (nb : ça, c’est vrai par contre). J’ai mis du temps à comprendre le système de la tablette qui permet d’emporter des milliers de livres avec soi. Malheureux que je suis, j’ai acheté une tablette par livre … impossible de transporter tous mes Ipad avec moi.

Rassurez-vous, je suis ravie que mes ouvrages soient disponibles pour le plus grand nombre de lecteurs et qu’ils aient un tel succès. Cela me permettra de clouer au pilori mon éditeur de l’époque que j’ai du supplier pour qu’il me publie. Je vous félicite pour votre belle initiative, Youboox ira loin. – nb : l’équipe Youboox jure que Jean-Jacques a bel et bien affirmé cela, en nous regardant droit dans les yeux.

Youboox : Que pensez-vous des livres numériques Jean-Jacques ?

 J.-J. R : Les inventions du siècle actuel me passionnent. J’ai traversé les siècles et je sais que le livre numérique est à la littérature ce que Facebook est aux relations sociales. On ne peut plus y échapper, on a un peu honte de dire que ça nous plait, on le consulte en douce au bureau et quoi qu’il arrive, on est obligé de faire avec. Je conseille aux éditeurs de faire comme Mark Zuckerberg : être les premiers sur le coup.

Youboox : Vous pouvez nous en dire un peu plus sur votre projet en préparation?

J.-J. R : Tout d’abord, j’assure des missions de figuration en jouant mon propre rôle comme je le ferai demain à l’occasion d’une vaste exposition qui m’est consacré au Panthéon. Je tiens à jour ma page Wikipédia et je vais me remettre doucement à l’écriture en me concentrant sur les romans car apparemment le reste est très risqué, l’écriture de tweets notamment.

Youboox : Très bien ! Nous ne twitterons rien de votre interview, promis. Merci. 

L’équipe Youboox remercie Jean-Jacques Rousseau pour le temps qu’il nous a accordé.

Propos vraiment recueillis par Hayat Slimani.

Les sorties littéraires d’Avril 2012 (3/3) : découvrez les romans noirs de Knut Faldbakken !

Jusqu’en 2004, le Norvégien Knut Faldbakken disséquait le mécanisme du jeu amoureux dans d’innombrables pièces de théâtre et romans. Depuis, il s’attaque au roman policier en nous contant les intrigues et crimes fascinants qui bouleversent Hamar, une petite ville de la province norvégienne. Retrouvez les trois romans de la série aux éditions du Seuil, dont le dernier qui sort en ce mois d’avril!

Valmann, l’anti-héros d’Hamar 

Hamar existe vraiment. La petite ville devenue grande est la terre natale de Kirsten Flagstad, la célèbre soprano des années 50, à qui on avait reproché une connivence avec le régime nazi. Ici commence la fiction : les personnages des romans de Faldbakken ont tous un lien, direct ou indirect avec cet épisode de l’Histoire. Changeant d’échelle à chaque nouveau roman, l’auteur nous décrit tour à tour le système social d’Hamar, son Histoire et puis enfin, de façon plus personnelle, la vie quotidienne de Jonfinn Valmann et Anita Hegg. Valmann est un héros un peu particulier en cela qu’il ressemble à l’homme ordinaire : veuf inconsolable, il manque d’assurance et même parfois de courage mais qu’importe, le flic honnête s’obstine à rendre la ville moins obscure, moins laide. Il est retombé amoureux en rencontrant Anita, une enquêtrice de quinze ans sa cadette.

L’athlète, un portrait cruel du troisième âge 

Le premier livre de cette série dresse le portrait d’un troisième âge à la dérive, une maison de retraite à ciel ouvert où chacun radote, enfermé dans de vieilles rancunes. Autant dire que ces fringants septuagénaires n’ont pas la retraite tranquille. Lorsque l’un d’eux est retrouvé mort, ayant visiblement essayé de dissimuler les relations sexuelles qu’il a eu la nuit précédente, tout se complique. Deux prétendantes se démarquent : Elise, l’obsédée sexuelle entretenant avec le Christ une relation presque charnelle et Elise, la naïve, qui affirme que le défunt était son fiancé. Un roman noir et complexe.

Frontière mouvante ou commencer s’arranger avec sa conscience 

Deuxième roman, deuxième affaire. Le paysage change un peu même si l’inspecteur Valmann est toujours chargé de l’affaire. Dans un camping à la frontière entre Norvège et Suède, un homme couche avec une jeune femme. Le lendemain, il revient les bras chargés de cadeaux mais elle est partie. Furieux, il comprend peu à peu que c’était une prostituée. Leurs routes se croiseront à nouveau lorsque l’homme renverse une passante. Est-ce la même jeune femme ? Les business plus malsains les uns que les autres fleurissent autour de la frontière mais chacun s’y accommode : les clients de prostituées autant que Brigitta pour qui la prostitution permet d’assurer la location de son camping et mêmes les officiels d’Hamar ne se préoccupent plus de ces gamines russes exploitées. Un roman sur l’indifférence et tous les petits arrangements que l’on accepte en fermant les yeux, contre sa conscience.

Gel nocturne, plongée dans l’enfance de Valmann

Dans ce dernier livre,on découvre Valmann sous un autre jour. C’est un Valmann torturé qui remonte le cours de son enfance et plonge dans ses souvenirs. Trois corps sont découverts à Hamar : le premier a le crâne défoncé près de la petite rivière, les deux derniers sont ceux d’un couple âgés, avec balle dans la tête et os brisés. Valmann est écarté de l’enquête confiée à sa compagne mais ne peut s’empêcher de mener la sienne en parallèle. Qu’est-il arrivé au couple ? Les trois meurtres sont-ils liés ?  Peut-on accuser un ami d’enfance lorsque les doutes s’accumulent ?

Bonne lecture !

par Hayat Slimani

Petite sélection de romans policiers pour les non-initiés (2/2)

Dimanche, le soleil, la chaise longue. Tout est dit. Si vous hésitez encore et que vous ne savez pas quoi lire, je vous propose deux romans policiers disponibles sur Youboox et une escale à l’autre bout du monde pour découvrir une merveille de la littérature policière japonaise. 

Complots, sectes et mafia

Vous pensez que les enquêteurs vont au bout d’une enquête juste par amour du travail bien fait ? Ont-ils toujours une question à régler avec eux-mêmes, une question existentielle qui les obsède ? Dans Sombre Azur de Marc-Aurèle Guerrier (La madolière), le capitaine Stanislas Vingt-Trois est en quête de vérité sur l’assassinat de son épouse. Il doit répondre à l’appel du juge Panafieu et se rendre à Nice. Avec son équipier Matthias Vanharé, il infiltre l’Eglise du Renouveau Karmique avec à sa tête le grand gourou que tout le monde appelle le maître des Métempsycoses.  C’est dans cet univers  que les deux hommes vont devoir évoluer. Le récit tient en haleine dès le premier mot, les dialogues sont soignés. L’auteur nous offre un polar rythmé qui plonge dans une quête de la vérité. Un excellent polar aux accents ésotériques et occultes que vous pouvez découvrir ici.

Poursuivons avec un polar à tendance Da Vinci Code. Si vous aimez les histoires de meurtres mêlés aux secrets du Vatican, le roman Le livre défendu de Florence Dell’Aiera (Morey Editions) a tout pour vous plaire. Jonas Stern est professeur aux Beaux-Arts. Obsédé par la mort tragique de son père, il découvre que ce dernier recherchait un livre mystérieux, le livre défendu. Avec Claire, dont le père a aussi été assassiné et Tod, un journaliste, Jonas se lance dans une quête, sur les pas de son père. Qui était vraiment Jésus ? Est-ce bien la question que pose le manuscrit secret ? Florence Dell’Aiera mêle voyages dans le temps, Histoire des religions et science pour nous offrir une intrigue palpitante à lire ici.

 

Pour finir, une escale au Japon ! 

L’auteur, Edogawa Ranpo, est le maître du roman policier au Japon et ses livres sont des merveilles! Si vous voulez lire un roman policier très original, je vous conseille L’ile Panorama (Casterman). Savez-vous ce qu’est le panorama ? C’est une forme d’art et de spectacle très populaire au Japon. Le spectateur traverse un couloir étroit et sombre, entre dans une pièce et se retrouve dans un univers complètement construit par l’artiste : un chateau fort, une ile déserte … ou des milliers d’autres univers sortant tout droit de l’imagination de l’artiste.

Dans L’ile Panorama, Hitomi,étudiant rêveur et un peu décalé, profite de sa ressemblance avec un millionnaire décedé et élabore un plan machiavélique pour prendre la place du mort. Il entreprend la construction d’une ile idéale pour y emmener sa petite amie. Un univers inquiétant entre érotisme, perversion et mort certaine et un savant mélange entre le polar, le fantastique et le surréaliste!

Bonne lecture et n’hésitez pas à nous faire découvrir vos coups de coeur littéraires sur le forum Youboox!

par Hayat Slimani