Les sorties littéraires d’Avril 2012 (1/3) : Voyages dans le temps et à travers les continents

En ce mois d’avril, les romans français ou étrangers donnent l’occasion de partir loin, de visiter d’autres époques en suivant des personnages attachants ou audacieux. Aujourd’hui, partons dans le Sahara, à Cuba et dans l’Angleterre du siècle dernier.

L’affinité des traces ou comment  » se souvenir quand tous ont oublié, se souvenir au milieu du désert »

Gérald Tenenbaum est un alchimiste de l’écriture.  Sous sa plume, les mots deviennent poésie  et sonnent comme l’Assak, le violon des Touaregs qui accompagne le récit. De la France du début des années 60 à l’Algérie, Edith fuit sa vie toute tracée, le mari qu’on lui impose et tout le reste.  Elle est affectée dans le Hoggor, les montagnes de l’Ouest du Sahara en tant que secrétaire de la direction militaire. Déracinée de sa culture yiddish, la vie lui semble encore plus morne jusqu’au jour elle découvre la culture des Touaregs, le gout de l’autre. Se laissant apprivoiser par Mariama, une jeune touareg, Edith devient Talyat.  L’affinité des traces (éditions Héloise d’Ormesson) est un hymne au désert, appuyé par une prose poétique et puissante.

La Havane année zéro : l’art du mensonge dans le cuba des années 90

Julia est une jeune prof de math et tente de survivre dans une société cubaine à bout de souffle où l’on ne trouve plus grand chose à manger. Chacun s’accroche à ce qui rend la vie plus supportable. L’oxygène de Julia, c’est trois hommes : Euclides est son ancien prof de fac et ex-amant, Angel l’ amoureux transit qui jouit d’un luxe rare et Leonardo l’écrivain à lunettes. Tous les trois sont fascinés par Muecci, un italien qui aurait inventé le téléphone et tous veulent récupérer le document qui confirmerait leur hypothèse. Les trois hommes mentent. A Julia de démêler le vrai du faux. Un roman de Karla Suarez (éditions Métaillié) sur l’amour hors des conventions et dans lequel vous retrouverez des descriptions de Cuba comme si vous y étiez.

Le manoir de Tyneford de Natasha Solomons, un delicieux roman à l’anglaise. 

Jeune juive de Vienne au début des années 40, Elise est en attente d’un visa pour quitter l’Europe avec sa famille, elle se rend en Angleterre, dans le manoir de Tyneford. La jeune aristocrate devient femme de chambre. Le manoir de Tyneford (Calmann-Lévy), c’est l’histoire d’une héroïne originale, sans qualités particulières mais dont on comprend le tragique déracinement. Solomons nous livre un drame intime dans le contexte de la fin d’une époque et relève avec talent le pari d’écrire plusieurs romans en un seul : un drame, un roman de moeurs sur la vie quotidienne d’une maison de l’aristocratie anglaise et une histoire romantique.

Bonne lecture!

par Hayat Slimani