Interview : Stéphan Szeremeta, directeur éditorial du Petit futé dit tout sur la réalisation d’un guide de voyage !

Chères lectrices, chers lecteurs,

Pendant très longtemps, j’ai emporté mes guides de voyages un peu partout sans me poser trop de questions. Les guide de l’Inde, de l’Ouzbékistan et de la moitié des villes européennes sont passés entre mes mains et je ne faisais qu’envier ces reporters du voyage payés pour parcourir le monde et nous trouver les meilleurs endroits! Depuis, j’ai du me rendre à la raison : l’écriture des guides, c’est un métier comme un autre et ce n’est pas Stéphan Szeremeta, le directeur éditorial du Petit futé qui dira le contraire ! Je l’ai joint au téléphone en lui posant des tonnes de questions auxquelles il a gentiment accepté de répondre.

Cliquez ici pour écouter l’interview Stéphan Szeremeta

Bonne écoute et à bientôt!

par Hayat Slimani

Interview exclusive de Jean-Jacques Rousseau : « J’ai 300 ans et toutes mes dents ! »

En pleine écriture de son autobiographie Les rêveries du promeneur solitaire, Jean-Jacques Rousseau nous a fait faux bond en 1778. Après une absence record de 234 ans, il revient à Paris. Il a choisi Youboox pour son grand retour. Rencontre avec le plus grand fugueur de l’Histoire de la littérature.

Rousseau, toujours aussi fringant.

Youboox : Bonjour Jean-Jacques ! Nous sommes ravis de vous accueillir après cette longue pause dans votre carrière. Qu’avez-vous fait pendant tout ce temps ?

Jean-Jacques Rousseau : Je n’ai pas écrit pendant ces 234 années qui me séparent du moment où j’ai posé ma plume sur le manuscrit des Rêveries du promeneur solitaire pour ne plus jamais y revenir. Disons qu’il y a des moments de l’Histoire où mes théories ont pris quelques coups. J’aurai mieux fait de me taire lorsque j’ai déclaré que la religion était un objet de paix. J’ai été condamné à vivre plusieurs dizaines d’années avec Voltaire, le type le plus fourbe du monde après BHL mais les rancoeurs se diluant bien dans l’alcool, nous sommes devenus amis.

Youboox : Après une telle absence, que pensez-vous de l’utilisation que le monde a fait de vos théories ?

J.-J. R. : Je suis indigné. Comprenez qu’il y a des colères saines. Mon contrat social a été détourné. J’affirme que le contrat social est un moyen pour tous d’être libre et égaux et voilà qu’une poignée de philosophes dégénérés incluent les femmes dans ce « tous » et le droit de vote leur est accordé. – Silence, Jean-Jacques est perdu dans ses pensées puis il reprend- . Je dois avouer que je me suis trompé sur les femmes. Femmes et hommes sont égaux, au moins en matière de bêtise, les échéances électorales des dernières dizaines d’années l’ont bien montré. Nous votons tous plus mal les uns que les autres.

Youboox (équipe étonnée) : Vous votez, Jean-Jacques ?

J.-J. R : Oui, je suis électeur à Hénin-Beaumont mais je garderais secret le nom que j’ai glissé dans l’urne.

Youboox : Bien … continuons. Nous avons relu vos œuvres avec attention, le tout en version numérique.

J.-J. R (complétement affolé): En version quoi ?!

Youboox : En version numérique, Jean-Jacques. On avait un fichier PDF avec l’intégralité de vos écrits.

J.-J. R : Oui, j’ai entendu dire que vous étiez sur ce crédo et que vous aviez déjà plus de 10 000 utilisateurs (nb : ça, c’est vrai par contre). J’ai mis du temps à comprendre le système de la tablette qui permet d’emporter des milliers de livres avec soi. Malheureux que je suis, j’ai acheté une tablette par livre … impossible de transporter tous mes Ipad avec moi.

Rassurez-vous, je suis ravie que mes ouvrages soient disponibles pour le plus grand nombre de lecteurs et qu’ils aient un tel succès. Cela me permettra de clouer au pilori mon éditeur de l’époque que j’ai du supplier pour qu’il me publie. Je vous félicite pour votre belle initiative, Youboox ira loin. – nb : l’équipe Youboox jure que Jean-Jacques a bel et bien affirmé cela, en nous regardant droit dans les yeux.

Youboox : Que pensez-vous des livres numériques Jean-Jacques ?

 J.-J. R : Les inventions du siècle actuel me passionnent. J’ai traversé les siècles et je sais que le livre numérique est à la littérature ce que Facebook est aux relations sociales. On ne peut plus y échapper, on a un peu honte de dire que ça nous plait, on le consulte en douce au bureau et quoi qu’il arrive, on est obligé de faire avec. Je conseille aux éditeurs de faire comme Mark Zuckerberg : être les premiers sur le coup.

Youboox : Vous pouvez nous en dire un peu plus sur votre projet en préparation?

J.-J. R : Tout d’abord, j’assure des missions de figuration en jouant mon propre rôle comme je le ferai demain à l’occasion d’une vaste exposition qui m’est consacré au Panthéon. Je tiens à jour ma page Wikipédia et je vais me remettre doucement à l’écriture en me concentrant sur les romans car apparemment le reste est très risqué, l’écriture de tweets notamment.

Youboox : Très bien ! Nous ne twitterons rien de votre interview, promis. Merci. 

L’équipe Youboox remercie Jean-Jacques Rousseau pour le temps qu’il nous a accordé.

Propos vraiment recueillis par Hayat Slimani.

Les sorties littéraires de juin 2012 : serial killer, aliens et apocalypse !

Le mois de juin nous donne l’occasion de relativiser les petits problèmes du quotidien. Les librairies accueillent des histoires de vacances avec un serial-killer,  de rencontres avec des zombies ou des aliens. Vous préférez la panne de voiture, n’est-ce pas ? Petit tour d’horizon des livres utiles en cas de catastrophes, fin du monde et autres apocalypses.

Chères lectrices, chers lecteurs,

Malgré le soleil et la perspective des vacances, nombreux sont ceux tentés de broyer du noir au moindre problème. Relativisons avec une méthode célèbre et efficace : penser qu’il y a pire situation que la sienne.

Ne plus regarder sa grand-mère de la même façon

Commençons par une situation très angoissante mais plausible. Départ en vacances pour toute la famille ! La grand-mère a décidé d’être du voyage. Ne soyons pas mauvaise langue, ce n’est pas ça la mauvaise nouvelle. Tout va bien jusqu’au moment où Mamie se fait voler son sac par un motard. Pas de panique, vous remontez dans votre voiture et les enfants commencent à regarder un dvd. C’est ici que les vrais problèmes commencent … Des images du motard, gisant ensanglanté sur une aire d’autoroute apparaissent à l’écran. Le style de Nadine Monfils est décapant et Les vacances d’un serial-killer (Belfond) se lit d’une traite grâce à une bonne dose d’humour et des dialogues façon Audiard. Un livre à lire sur la route des vacances !

Question subsidiaire : les aliens se font-ils la bise pour se saluer ?

Passons à un livre auquel on ne peut pas facilement échapper. Il est de ceux que l’on se refuse à lire en pensant que « les extraterrestres, ça n’existe pas un point c’est tout ! » mais qu’on regrettera amèrement de ne pas avoir lu si un jour, un petit bonhomme vert vient sonner à notre porte. Ecrit par Laurent Genefort, Aliens mode d’emploi (Le Bélial) est le guide des bonnes pratiques en cas de rencontre du 3ème type. Vous préférez être amical ou hostile ? Choisissez votre style ! Personnellement, je choisis la première solution. Je vous conseille de dévorer ce livre qui répond à des questions très pratiques : que faire si un alien vient habiter dans votre immeuble ? Bonne chance !

 

Je n’ai pas peur des zombies, je sais qu’ils ne courent pas vite.

Je me permets une petite entorse à la règle des sorties littéraires du mois en cours pour vous parler d’un sujet très à la mode : les zombies ! Depuis deux ans, les livres sur le sujet sont de  plus en plus nombreux dans nos librairies. Si vous avez peur d’en croiser un, il suffit de penser qu’un zombie est un type sans conscience, l’air hagard, avec du sang sur ses vêtements qu’il ne change jamais. N’ayez plus peur des zombies ou alors lisez le Guide de survie en territoire zombie (Lgf). Si vous entrez dans le jeu de Max Brooks en vous imaginant quelques minutes face à une attaque de zombie, ce livre sera – sous ses aspects de manuel sérieux – un bijou de second degré !

 

Bonne lecture !

par Hayat Slimani

 

Découvrez la Fraternité du Panca de Pierre Bordage, un space opéra grandiose !

A l’occasion de la sortie de Frère Elthor, cinquième et dernier tome du space opéra La fraternité du Panca débuté en 2007, les fans de science-fiction et les non-initiés peuvent découvrir cette belle odyssée spatiale. Une démonstration de l’imagination de l’auteur !

« La fraternité du Panca », pentalogie sur l’humanité dans l’infiniment loin.

Ne cherchez pas sur Wikipedia, je vous le dis : pentalogie, ça veut juste dire que c’est en cinq tomes, voilà. Imaginez-vous dans l’infiniment loin. L’humanité a colonisé l’univers, à tout prix. Sur chaque planète, les groupes humains ont des modes de vie très différents mais ils se défendent les uns les autres grâce au Parlement universel. Une menace pèse sur tout ce qui vit. Seuls les initiés de La fraternité du Panca, sorte de franc-maçonnerie spatiale où se côtoient des Frères et des Sœurs, sont capables de sauver l’humanité. Sans connaître la nature de la menace, ils vont s’engager dans le combat au prix du don de leur vie. Le seul moyen de lutter : former une chaine Quinte. Une chaine de 5 Frères et Sœurs qui doivent se retrouver l’un après l’autre pour se transmettre leurs implants, réceptacle de leurs forces et de leurs mémoires. Seul le dernier de la chaine peut mener le combat final. 

Des voyages entamés par amour ou sacrifice

Chaque tome nous conte la destinée de celui choisi pour former l’un des maillons de la chaine. Un départ sans retour, sans possibilité d’utiliser les ralentisseurs de rythme biologique.

Dans le premier tome, on suit les destins croisés de deux personnages profonds et touchants. Ewen a reçu l’appel : la menace plane et il doit quitter femme et enfant pour remettre l’implant au deuxième Frère. Olméo, 13 ans, contraint à l’exil avec sa famille va rencontrer l’âme sœur. Notons le talent de l’auteur qui décrit un huis clos de 80 ans dans une fusée. Ne vit-on les voyages que par amour ou sacrifice ? Et que dire de l’isolement et de la solitude ? Autant de questions qui donnent le vertige.

Des cinq tomes, trois se distinguent pour leur rôle majeur dans le récit. Le premier d’abord qui plante le décor avec Ewen et Olmoé. Le troisième, véritable transition vers le combat final, avec des descriptions grandioses de l’univers. Enfin, le cinquième et dernier : Frère Elthor.

Un mélange déroutant de haute technologie et de spiritualité

On s’attache vite à ces personnages auxquels Bordage n’épargne rien, êtres humains baladés par leurs émotions. L’engagement au prix du don de soi  et le courage face à l’adversité rythment la pentalogie. Le jeu des chapitres alternant entre les points de vue des différents personnages est une vraie force. Le livre n’est pas que batailles et voyages de planètes en planètes, il est un roman sur les questions qui nous animent. Bordage trouve les mots justes pour parler de la place de Dieu, de la force de la foi et du sens du sacrifice. Un exercice rendu possible par une connaissance pointue de l’Histoire des religions et une facilité à écrire sur une large palette d’émotions en conservant la simplicité des mots. Un récit déroutant qui mélange la haute technologie et le mysticisme.

La fraternité du Panca ravira les fans inconditionnels autant que ceux qui découvriront un livre de science-fiction pour la première fois.

Bonne lecture !

par Hayat Slimani

 

Interview : Pierre Bordage nous parle de son métier …

Vous ne connaissez pas Pierre Bordage ? Aujourd’hui, c’est l’occasion de vous rattraper ! L’un des auteurs les plus doués de la science-fiction française a accepté de répondre à quelques questions.

Quand j’ai découvert la façon dont Pierre Bordage venu à l’écriture, j’ai eu l’impression de lire une histoire d’amour un peu compliquée où l’on rate des tonnes d’occasions avant de s’engager ! Je m’explique.

Lorsque le petit Pierre Bordage entre au petit séminaire à 10 ans, il s’ennuie et écrit des histoires, ce qu’il fera jusqu’à son entrée à l’université. Il participe activement à des ateliers d’écriture puis arrête. Entre temps, il séjourne en Inde. Très bon choix pour un passionné de mythologie !  Les paysages de l’Himalaya ou les rives du Gange suffisent à tirer des mots, même aux plus silencieux d’entre nous.

Bordage rentre en France mais continue de flirter avec les livres puisqu’il devient libraire. Et puis, quelques années plus tard, il écrit enfin Les guerriers du silence. Il s’y consacre six mois mais ne fera pas publier le livre immédiatement. Ne vous inquiétez pas, c’est bientôt fini. Tous les chemins mènent à Rome apparemment puisque c’est là qu’il rencontre son premier éditeur. Et il écrit Rohel le Conquérant en 14 tomes, dont le but avoué est de structurer son écriture.

Et comme une histoire compliquée ne pouvait pas s’arrêter là, il continuera son chemin littéraire avec les Editions de l’Atalante et Les guerriers du silence sortent des cahiers d’écoliers sur lesquels ils ont été imaginés. Ils deviennent des romans vendus à 50.000 exemplaires.

Alors Pierre Bordage, vous pouvez nous raconter la suite ?

Pierre Bordage nous de son métier (1/2)

Pierre Bordage, son écriture, son évolution 

Pierre Bordage, son écriture, son évolution

Et la question Youboox sur le livre numérique ! 

Pierre Bordage et le livre numérique

Youboox remercie de tout coeur Pierre Bordage pour avoir répondu à nos questions. Propos recueillis par Hayat Slimani

 

Les sorties littéraires de mai 2012 (1/2) : rien ne va plus !

En ce mois de mai, j’ai poussé la porte de ma librairie préférée et pris le temps d’admirer les couvertures brillantes des livres qui viennent d’arriver. Je suis ravie de partager avec vous de belles découvertes ! Au programme : des romans sur l’identité et le dérèglement du monde avec des personnages rongés par leurs excés et plus rien qui ne tourne rond. Accrochez-vous. 

N’être nulle part chez soi

Savez-vous ce qui est passionnant chez les colonies de fourmis ? Leurs ballets incessants dans lesquels chacune à son rôle, sa place. Avec les peuples, c’est pareil, vous ne trouvez pas ? C’est ce que m’a inspiré Le crépuscule des fourmis de Zaven Biberian (Metis presses). L’histoire de Bared, jeune arménien dans l’Istanbul des années 40 et 50 ne vous laissera pas de marbre. Allant sans cesse du collectif à l’individuel, le récit nous montre la difficulté pour cet anti-héros, tout juste sorti du service militaire, de se réintégrer dans sa famille et sa société qu’il ne reconnaît plus. Comment faire pour aimer à nouveau ces personnes et ces lieux changés ? Une histoire poignante sur le sentiment d’être en trop quand tous ont appris à faire sans vous.

L’appât du gain

Avec Le gouffre, Franck Norris (Ed. du Sonnet) nous plonge dans la ville de Chicago en 1900, place majeur du commerce mondial où chaque jour, les hommes et les nations s’échangent des matières premières. Dans ce tourbillon qui ne s’arrête jamais, l’histoire de Curtis Jadwin a une résonance particulière pour notre époque. Brillant financier, réputé pour sa prudence et sa gestion rigoureuse des affaires, tout s’annonce pour le mieux. Il est amoureux et a obtenu les faveurs de celle qui anime son cœur. Alors qu’il n’aspire qu’à profiter en paix de la fortune amassée, il va jouer ce dernier « coup », prendre une fatale décision. Curtis ne sait plus s’arrêter et Norris en profite pour nous plonger dans cette histoire qui tourne mal, dans cette obsession folle qui prend le pas sur tout le reste. Le gouffre n’est pas l’un de ces livres qui attaque la finance, il nous montre l’histoire complexe d’un homme pris par l’appât du gain. Un roman dérangeant.

Le dérèglement du monde

Hobboes, le récit de mon cauchemar absolu ! La perte de tous les repères, aussi fragiles soient-ils… Partout sur terre, c’est la catastrophe et pour Raphael Banes, le professeur pensant être à l’abri, rien ne va plus. Il faut avouer qu’il doit avoir du mal à reconnaître ses semblables. Les pécheurs se précipitent du haut des falaises et les gourous fleurissent pour séduire par centaines ceux qui courent après le dernier espoir. Le livre de Philippe Cavalier (Ed. Anne Carrière) est une fresque épique qui vaut le détour.

Bonne lecture !

par Hayat Slimani