Des lectures pour nos bambins ?

Parce que nos chères têtes blondes, brunes ou rousses, ont, elles aussi, droit à des lectures de qualité, voici quelques titres à glisser entre les mains potelées de vos petits, pour qu’ils partent, à coup sûr, à la découverte de contrées imaginaires ou d’univers plus réalistes!

Pour les 4-7ans : Le génial Rita et Machin au zoo de J-P Arrou-Vignod et Ollivier Tallec

Le dernier né de la série Rita et Machin (Gallimard Jeunesse), où l’on retrouve deux personnages malicieux et drolatiques : Rita, une petite fille haute comme trois pommes, et Machin, son chien. Ici, on les retrouve au zoo, devenu grâce à leur imagination débridée, le lieu de tous les possibles !      Le coup de crayon est inspiré et le scenario stimule l’imaginaire : un vrai régal !

A partir de 7 ans : La Princesse pas toute belle, le prince pas tout     beau, et le vendeur de beauté de Dominick et Stéphanie Léon

Voici un album qui ne vous laissera pas insensibles et que vous pourrez découvrir sur Youboox : l’histoire, un  peu loufoque, est celle d’un pays – celui des «Pas tous beaux »- dont l’équilibre et la sérénité vont être bouleversés par l’arrivée d’un vendeur de Beauté… Ce conte, édité chez Morey Editions, remet les pendules à l’heure en nous rappelant que la beauté n’est pas une promesse de bonheur! Il est ponctué de riches illustrations qui évoquent le monde étrange et merveilleux de Tim Burton: saisissant.

De 6 à 9 ans : Mais où sont passés les princes charmants ? de Rosalinde Bonnet  (Milan Poche). Un conte détourné, impertinent et drôle, dans lequel l’image stéréotypée des princesses de nos contes classiques est sérieusement ébranlée ! Les voilà à la recherche des princes, disparus du paysage. Savoureux.

A partir 10 ans : Première enquête de Sherlock & Phinnaeus Holmes. Le secret du Pharaon, de Caroline Guézille  (Lamartinière Jeunesse).

Un livre animé constitué de quatre livrets, mêlant récits, photos, dessins…richement documentés sur l’Egypte ancienne. Au côté des deux adolescents jumeaux et de leur ami John Watson, nous voilà partis à la recherche d’un jeune pharaon endormi 4 000 ans plus tôt…Une enquête interactive très bien menée, qui tient le lecteur en haleine du début à la fin. Un très bel ouvrage, à la fois ludique et instructif. Superbe.

A partir de 12 ans, et pour rappeler qu’avant le film de Spielberg, il y a surtout le livre : Cheval de guerre, de Michel Morpurgo (Gallimard Jeunesse). Un émouvant témoignage fictif sur la première guerre mondiale, sensible et riche d’enseignements.  Un regard porté sur l’humanité à travers les yeux d’un cheval, et qui la révèle dans ce qu’elle a de pire mais surtout de meilleur. Magnifique.

 

 

Enfin, pour les grands enfants que nous sommes restés, Une jolie fille rien que pour moi, de la talentueuse Aurélie Antolini, (Les Mues). L’histoire des premiers émois d’un  jeune garçon atypique et attachant. C’est notre madeleine à nous, un récit drôle, émouvant et plein de fantaisie, ponctué de souvenirs générationnels, qu’on savoure comme une pâtisserie au goût de l’enfance. Miam !

par Marianne Berthier-Chassagne

L’actu littéraire du 9 au 15 avril 2012 : BD underground et littérature italienne !

Lundi 9 avril : Découvrez ou redécouvrez Balzac : l’aventure analytique.

Très souvent, les écrits de Balzac qui précèdent la Comédie humaine sont considérés comme secondaires. Pourtant, « les études analytiques » (collectif, éditions Christian Pirot) menées de 1929 à 1934, sont au fondement même du monument littéraire qu’est la Comédie humaine ! Des universitaires se sont penchés sur ces textes et leur rendent leurs lettres de noblesse dans Balzac, l’aventure analytique. Trois ans, jour pour jour, après la sortie de Balzac, l’aventure analytique, l’anniversaire de sa parution est une belle occasion de vous faire découvrir (si ce n’est déjà fait) cette oeuvre collective! Les amoureux du grand Honoré liront avec intérêt cette étude d’œuvres marginales, dans lesquelles on découvre que l’auteur, que l’on savait grand romantique, était aussi un fin psychologue.

Mardi 10 avril : Bernard Pivot sur la scène du théâtre du Rond point à Paris

Lundi, mardi et mercredi, Bernard pivot est monté sur les planches du théâtre du rond point pour y lire « Souvenirs d’un gratteur ». C’est en réunissant des extraits choisis  de trois de ses livres (Le métier de lire, Dictionnaire amoureux du vin, Les mots de ma vie) qu’il a crée une histoire, celle « des mots et des écrivains »,  qu’il affectionne tant. Assis dans un des fauteuils rescapé du plateau d’Apostrophe, Monsieur Pivot donne vie aux mots et donne envie aux hommes de les aimer : ainsi, il partage son plaisir avec le spectateur, comme celui de découvrir que le mot libellule, aussi gracieux et léger que peut l’être l’insecte, est composé de quatre L, tout comme l’insecte compte quatre ailes. Voici donc, dit-il, « la symbiose parfaite de la nature et de la langue, de la biologie et de l’orthographe ». Et pour nous, l’envie de redécouvrir ses œuvres, condensés de plaisirs simples et généreux.

Mercredi 11 avril : Blanche-Neige revisitée !

Le conte des frères Grimm fait des émules cette année encore, et ce mois-ci, tout particulièrement. Tandis qu’est sorti, ce mercredi, l’adaptation cinématographique réalisée par Tarsem Singh (Les immortels), Blanche Neige sera aussi très présente sur papier puisqu’en ce seul mois d’avril, le conte a été réédité dans sa version classique chez Père Castor-Flammarion le 8, a été publié le 13 dans une version illustrée par Lucie Brunellière (Fleurus) et va apparaître sous le crayon de Richard Di Martino en version Bande dessinée chez Bamboo, le 18. Voici donc de belles occasions de redécouvrir ou de faire découvrir aux plus petits l’univers fantastique des frères Grimm.

Du 12 au 15 avril : Des escapades littéraires qui donnent envie de lire l’Italie

L’Italie était l’invitée d’honneur de la ville de Draguignan pour la deuxième édition des “Escapades littéraires”. Une douzaine d’auteurs, dont Erri de Luca, Roberto Ferrucci, Francesco de Filippo et Marta Morazzoni, ont échangé autour du thème “Du quotidien aux utopies”. Voilà un bon prétexte pour relire Hugo Pratt –entre autres- qui était mis à l’honneur de cette manifestation littéraire.

 Vendredi 13 avril : La BD underground s’expose à Paris

Le maitre de la BD underground, Robert Crumb, s’expose au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris. Son style, très particulier, est génial pour certains, laid pour d’autres, choquant pour quelques uns. Jeter sur papier sa vision pessimiste du monde moderne semble être, pour l’auteur de « Fritz le chat », une espèce de thérapie. Il y projette ses obsessions : l’amour, les femmes, le sexe et le LSD. On peut donc aller découvrir ou du moins tenter de comprendre, l’œuvre d’un artiste incontournable aux Etats-Unis, à partir du 13 avril et jusqu’au 19 août.

14 avril : sortie d’Avenue des géants, voyage dans la tête d’un tueur en série

Marc Dugain retrace avec brio la vie d’un tueur en série, Al Kenner, double fictif du vrai tueur américain Edmund Kemper, qui a sévi dans les années 70. Difficile de suivre les péripéties d’un être sans pitié, qui affirme que « Chacun reconnaît en moi une part de lui-même et jouit de la contempler endormie » ? L’auteur pense qu’il ne s’agit pas d’un simple plaisir cathartique. Il est important, selon lui, d’appréhender le mécanisme de ce genre de personnage pour mieux comprendre ce qui fait notre humanité : « Quand on traite l’actualité à chaud, on sort forcément du sujet parce qu’on est dans l’émotion. J’écris des livres pour comprendre. Le personnage d’Al Kenner est dans la défense perverse pour éviter le basculement dans la folie. Je tente de contribuer à la compréhension de ce que l’on est. Il est difficile de parler des tueurs en série sans les exclure de l’humanité. Mais quand on saisit les extrêmes, on saisit les milieux. »

A partir de maintenant : Le concours du premier roman jeunesse est lancé !

RTL, Télérama et Gallimard s’associent et lancent le concours du premier roman jeunesse ! Les textes doivent s’adresser à des lecteurs entre 9 et 18 ans,  faire minimum 80 pages, et être envoyés exclusivement par internet avant le 31 août aux éditions Gallimard. Trois romans seront retenus par le jury et rendus publics à l’occasion du salon de la littérature jeunesse le 29 novembre 2012 à Montreuil. Les auditeurs d’RTL choisiront, parmi les finalistes, quel livre ils voudront voir publier !

Et pour ceux qui habitent Paris et veulent augmenter leurs chances de remporter ce concours, voici quelques adresses d’ateliers d’écriture : Aleph, 7 rue St Jacques, 5e ; Atelier d’écriture Emmanuel Bing 5 rue Tiphaine, 15e ; Le CICLOP 77, rue des Plantes, 14; Les Ateliers d’Elisabeth Bing 10 rue de Boutebrie, 5; Suspension Formation 10 rue Lesage, 20e.

À vos crayons !

Par Marianne Berthier-Chassagne

 

L’actu littéraire de la semaine du 2 au 8 avril : des remises de prix et des comics!

Lundi 2 avril : Nomination des membres du Conseil national de l’ordre des Arts et des Lettres 

La hausse de la TVA sur les livres annoncée dimanche n’a pas entaché la nomination, ce lundi, des nouveaux membres du Conseil national de l’ordre des Arts et des Lettres : Hugues Gall, Marianne Alphant, Laurence Equilbey, Gérard Garouste, Marc Lambron, Brigitte Lefèvre, Bruno Ory-Lavollée, Didier Wirth, Anne-José Arlot, Guillaume Boudy, Philippe Belaval, Georges-François Hirsch, Laurence Franceschini, Xavier North, et Eric Garandeau. Ils ont pour mission de conseiller le Ministre de la culture et de la communication, dans la promotion de personnalités françaises et étrangères au titre de chevalier, d’officier ou de commandeur des Arts et des Lettres. Certains disent que la décoration de cet ordre prestigieux, très prisée des artistes et écrivains, tend à se galvauder. En janvier de cette année, c’est Shakira qui a été faite chevalier des Arts et des Lettres…

Mardi 3 Avril : Remises de prix ! 

Le Prix de la Closerie des Lilas, crée en 2007, récompense chaque année, un livre écrit en français, par une femme. C’est Nathalie Kuperman qui a été couronnée cette année pour son roman Les raisons de mon crime (Gallimard).Dans cette œuvre violente et surprenante, s’entremêlent les souvenirs de la narratrice et ceux, plus amers, de sa cousine qu’elle admirait enfant, et qu’elle retrouve dans les vapeurs de l’alcool, des années après l’avoir perdue de vue.

Le Goncourt du 1er roman a été attribué à François Garde pour son roman Ce qu’il advint du sauvage blanc (Gallimard). Le récit est inspiré de l’ histoire vraie du jeune matelot Narcisse Pelletier, abandonné en 1844 sur une plage australienne par son navire. Reccueilli par la tribu locale, il ne retrouvera sa civilisation que 17 ans plus tard, devenu le « sauvage blanc », nu, tatoué, ayant oublié sa langue natale et même son propre nom. Ce livre magnifique, entre chevauchée Rousseauiste et fable contemporaine, nous fait réfléchir sur ce qu’est l’alterité.

Mercredi 4 avril : le poème de Günter Grass fait scandale. 

Günter Grass, prix Nobel de Littérature allemand, a publié dans le quotidien Süddeutsche Zeitung,  un poème en prose intitulé Ce qui doit être dit. Dans ce dernier, il prend parti pour l’Iran et accuse Israël de « menacer la paix mondiale » en envisageant des frappes préventives contre des installations nucléaires iraniennes. Si le porte-parole du gouvernement allemand Steffen Seibert a refusé de commenter le texte, au nom de la « liberté de création », les réactions ont été vives et nombreuses, du côté Israélien notamment, qualifiant Günter Grass, entre autre, de « l’archétype de l’érudit antisémite », tandis que des manifestation pour la paix se sont ralliées au prix Nobel Allemand. Sans prendre partie, on peut cependant constater que le Poème est encore un éveilleur de conscience politique, et celui-ci nous rassure sur l’avenir de la Littérature, à défaut de nous rassurer sur celui du Moyen-Orient.

Jeudi 5 avril : Sortie de La formation de la classe ouvrière anglaise de Edward Palmer Thompson

Ce livre est un peu une curiosité dans le paysage littéraire, en cela qu’il n’a pas eu en France le destin qu’il a connu à l’étranger. Paru en 1963, il a eu une forte raisonnance dans les années 1980-1990, dans le monde entier. Mais traduit trop tardivement en France (1988), il est passé quasiment inaperçu dans l’hexagone. Aujourd’hui, pour sa sortie en Poche, on le lit sous un autre jour. Car si  le Britannique Edward Palmer Thompson (1924- 1993) est, en 1980, l’un des historiens les plus cités dans le monde, il est aussi un écrivain politique et surtout un sociologue : au centre de ce livre, il y a la plongée dans le fourmillement de la « populace », des portraits émouvants d’hommes et de femmes, et la volonté de l’auteur de les « sauver de l’immense condescendance de la postérité ».

Vendredi 6 avril : Les éditions Glénat se lancent dans les comics

Les éditions Glénat lancent leur propre collection de comics, et démarrent avec la publication dès le 18 avril 2012 de deux albums signés Robert Kirkman (Walking Dead), deux autres de Warren Ellis (Iron Man) et l’adaptation d’une nouvelle du Docteur ès épouvante, Stephen King, intitulée « N ».

Samedi 7 avril : Balzac sublimé par des concerts littéraires 

Cette année, le musée Balzac propose un nouveau cycle de concerts littéraires autour des contes et nouvelles d’Honoré de Balzac. Le premier a eu lieu ce samedi à 20 h 30, dans la grange du château de Saché. « La Paix du ménage » a été interprétée par les comédiennes de la compagnie Interligne  tandis que les musiques de Beethoven, Chopin, Haendel, Bellini, Bach et Mozart ponctuaient les scènes.

Dimanche 8 avril : Métronome, l’histoire de France au rythme du métro parisien

Le Métronome de Lorànt Deutsch (paru en 2009 et vendu à plus d’un million et demi d’exemplaires) est mis en image dans une série documentaire homonyme de quatre épisodes réalisés par Fabrice Hourlier. Le premier volet est diffusé ce dimanche à 16h45 sur France 5. Ambiances reconstituées, visites de lieux et animation en trois dimensions permettent de donner une réalité au Métronome, et aux vingt siècles d’histoire qu’il retrace. Dans ce premier épisode, Lorànt Deutsch décrit comment, au cours des diverses invasions qu’elle va connaître,  la ville va progressivement accéder au rang de capitale.

par Marianne Berthier-Chassagne

 

Le meilleur de la rentrée littéraire: les romans français auxquels vous n’échapperez pas!

Pour s’évader, réfléchir ou oublier le froid du mois de janvier, les maisons d’éditions nous réservent quelques bonnes surprises. 480 nouveaux titres vont occuper les rayons de nos librairies. Chers lecteurs, voici ma sélection de livres qui pourraient bien occuper votre hiver.

Si vous avez une impression de déjà-vu en entrant dans votre librairie préférée, ne vous inquiétez pas, c’est normal! Chaque année les grands noms du roman français nous proposent leurs écrits en janvier. 2012 ne fera pas exception. Je vous laisse découvrir ces romans d’auteurs bien de chez nous dont tout le monde parle déjà !

Vous trouverez une pincée de désespoir et beaucoup de mélancolie dans Une bonne raison de se tuer de Philippe Besson (Julliard). Laura et Samuel ne se connaissent pas encore. Le jour de l’élection d’Obama, le premier se rend aux funérailles de son fils qui vient de suicider tandis que la deuxième a décidé de se donner la mort le soir venu. Un livre tout entier inspiré par la célèbre phrase de l’écrivain Cesare Pavese : « Une bonne raison de se tuer ne manque jamais à personne ».


Si cela ne vous suffit pas, je vous conseille le mystérieux roman 
L’éclaircie de Philippe Sollers (Gallimard) qui pourrait bien vous surprendre ! Il nous a fait patienter jusqu’à la dernière minute sans dévoiler le thème phare de son nouveau roman. Quelques indiscrets chuchotent qu’il aborde un thème délicat : le sentiment amoureux entre un frère et sa sœur. Pour découvrir quelques extraits, c’est par ici  !

Une petite question : Vous connaissez la nouvelle tendance littéraire ? Le roman tiré d’un fait divers ! Régis Jauffret surfe sur la tendance avec Claustria (Seuil). Le livre est inspiré de l’affaire Fritzl en Autriche où un père a emprisonné sa fille pendant 24 ans. Jauffret a mené l’enquête sur cette relation incestueuse et rencontré les policiers, psychiatres et experts techniques de l’affaire. Dans son dernier roman, la réalité flirte avec la fiction.

Au passage, on saluera François Weyergans qui a attendu sept ans avant de nous soumettre son nouveau roman, Mémoire pleine (Julliard). L’académicien nous livre une histoire d’amour inattendue entre un cinquantenaire parisien et une jeune comédienne canadienne selon le principe du « fuis moi je te suis, suis moi je te fuis ».

Avec ça, vous ne louperez rien des futurs best-sellers de la rentrée. Et si vous faites une overdose de romans français, je vous prépare déjà une petite sélection de romans étrangers.

Bonne lecture et à demain !