Découvrez la Fraternité du Panca de Pierre Bordage, un space opéra grandiose !

A l’occasion de la sortie de Frère Elthor, cinquième et dernier tome du space opéra La fraternité du Panca débuté en 2007, les fans de science-fiction et les non-initiés peuvent découvrir cette belle odyssée spatiale. Une démonstration de l’imagination de l’auteur !

« La fraternité du Panca », pentalogie sur l’humanité dans l’infiniment loin.

Ne cherchez pas sur Wikipedia, je vous le dis : pentalogie, ça veut juste dire que c’est en cinq tomes, voilà. Imaginez-vous dans l’infiniment loin. L’humanité a colonisé l’univers, à tout prix. Sur chaque planète, les groupes humains ont des modes de vie très différents mais ils se défendent les uns les autres grâce au Parlement universel. Une menace pèse sur tout ce qui vit. Seuls les initiés de La fraternité du Panca, sorte de franc-maçonnerie spatiale où se côtoient des Frères et des Sœurs, sont capables de sauver l’humanité. Sans connaître la nature de la menace, ils vont s’engager dans le combat au prix du don de leur vie. Le seul moyen de lutter : former une chaine Quinte. Une chaine de 5 Frères et Sœurs qui doivent se retrouver l’un après l’autre pour se transmettre leurs implants, réceptacle de leurs forces et de leurs mémoires. Seul le dernier de la chaine peut mener le combat final. 

Des voyages entamés par amour ou sacrifice

Chaque tome nous conte la destinée de celui choisi pour former l’un des maillons de la chaine. Un départ sans retour, sans possibilité d’utiliser les ralentisseurs de rythme biologique.

Dans le premier tome, on suit les destins croisés de deux personnages profonds et touchants. Ewen a reçu l’appel : la menace plane et il doit quitter femme et enfant pour remettre l’implant au deuxième Frère. Olméo, 13 ans, contraint à l’exil avec sa famille va rencontrer l’âme sœur. Notons le talent de l’auteur qui décrit un huis clos de 80 ans dans une fusée. Ne vit-on les voyages que par amour ou sacrifice ? Et que dire de l’isolement et de la solitude ? Autant de questions qui donnent le vertige.

Des cinq tomes, trois se distinguent pour leur rôle majeur dans le récit. Le premier d’abord qui plante le décor avec Ewen et Olmoé. Le troisième, véritable transition vers le combat final, avec des descriptions grandioses de l’univers. Enfin, le cinquième et dernier : Frère Elthor.

Un mélange déroutant de haute technologie et de spiritualité

On s’attache vite à ces personnages auxquels Bordage n’épargne rien, êtres humains baladés par leurs émotions. L’engagement au prix du don de soi  et le courage face à l’adversité rythment la pentalogie. Le jeu des chapitres alternant entre les points de vue des différents personnages est une vraie force. Le livre n’est pas que batailles et voyages de planètes en planètes, il est un roman sur les questions qui nous animent. Bordage trouve les mots justes pour parler de la place de Dieu, de la force de la foi et du sens du sacrifice. Un exercice rendu possible par une connaissance pointue de l’Histoire des religions et une facilité à écrire sur une large palette d’émotions en conservant la simplicité des mots. Un récit déroutant qui mélange la haute technologie et le mysticisme.

La fraternité du Panca ravira les fans inconditionnels autant que ceux qui découvriront un livre de science-fiction pour la première fois.

Bonne lecture !

par Hayat Slimani

 

Les sorties littéraires de Mars 2012 : un peu de BD, beaucoup de polars.

Youboox est lancé. On a pris une photo de groupe qu’on postera après les retouches nécessaires puisqu’on a encore les yeux rouges. En attendant, passons à notre rituel des sorties littéraires du mois. En mars 2012, il y a un peu de BD et beaucoup de polars!

Une métamorphose iranienne, un périple kafkaïen.

La métamorphose est une histoire vraie, celle d’un jeune dessinateur qui se transforme peu à peu en détenu au dos courbé. Derrière l’humour grinçant de Mana Neyestani, on lit la peur de celui qui fut emprisonné en 2006 pour avoir publié le dialogue fictif entre un cafard et un enfant dans un journal iranien. Il utilise des mots « azéri », ceux d’un peuple opprimé par le régime central. Les autorités iraniennes l’emprisonne puis il subit des interrogatoires interminables. Dehors, les Azéris manifestent pour attirer l’attention sur leur cause et le gouvernement tirera même sur la foule à plusieurs reprises. Après deux mois d’isolation, il obtient un droit de sortie temporaire et s’enfuit. Traversant plusieurs pays, c’est à Paris que Neyestani termine son voyage pour nous livrer cette magnifique BD-témoignage où il mêle tragédie et moments de poésie.

Des illustrations du Trône de fer de George R.R. Martin par des artistes de Fantasy

Vous connaissez la saga fantasy au cœur du royaume des Sept Couronnes dont les membres se dispute le pouvoir depuis des siècles ? Évidemment, je vous conseille de lire les 4 tomes pour vous rendre compte de la richesse du récit: une époque oubliée et des centaines de personnages qui se livrent une luttes acharnée pour contrôler le trône de fer. Soleil Productions propose deux albums (le tome 2 sort le 23 mars) qui regroupe des dessins magnifiques inspirés de l’histoire. Ils sont signés Jim Burns, John
 Howe ou encore Ted Nasmith. 

Vous connaissez le «bystander effect» ?

Le bystander effect, c’est l’effet du témoin. Imaginez une agression dans une rue bondée de monde. Personne ne réagit car chacun pense que l’autre le fera. Conclusion : plus il y a de monde qui assistent à une situation d’urgence, moins vous avez de chance qu’une personne réagisse. C’est flippant, non ? Dans le roman De bons voisins (Actes Sud) de Ryan David Jahn, c’est ce qui arrive à Kat Marino. Elle est agressé au couteau et ses voisins sont témoins de la scène. Personne n’avertira la police, chacun suppose que les autres le feront. L’auteur donne la paroles à ses voisins et dresse un portrait très instructif de la violence dans le New-York des années 60.  Le roman est sorti est janvier mais je n’ai pas pu m’empêcher de le présenter, je l’ai adoré!

« Les crimes commencent par des aveux »

Le tribunal des âmes (Calmann-Lévy) de Donato Carrisi est un thriller qui nous vient tout droit d’Italie. Pour la Dolce Vita, on repassera. Marcus est spécialiste des scènes de crimes et doit en percer tous les secrets. Il y a un hic: il vient de perdre la mémoire alors qu’il était le seule à pouvoir élucider les mystères de l’enlèvement d’une étudiante. Il croise la route de Sandra, une enquêtrice qui prend en photo toutes les scènes de crimes de la capitale. Il y a un an, son mari est tombé du haut d’un immeuble et elle n’a jamais cru à l’accident. Faut-il pardonner, oublier, se venger ? Marcus et Sandra se croise et nous emmène dans un périple au cœur de la capitale italienne.

Corps étrangers, le récit d’une fuite en avant dans le Paris des années 50

Julian et Lili sont mariés, jeunes, beaux et pourtant … Un peu plus tôt, Julian avait quitté les Etats-Unis pour échapper à un père tyrannique. A Paris, il avait rencontré Lili, une Roumaine encore marquée par la guerre. Ce couple à la dérive évolue dans un Paris coupé en deux, le Paris heureux et soulagé dans cette période d’après-guerre et le Paris des silhouettes à jamais meurtries. Cynthia Ozcik nous dit tout du déracinement dans Corps étrangers (Éditions de l’Olivier).

Et les nouveaux tomes sont …

Si vous avez commencé la lecture de 1Q84 qui relate le parcours croisé d’une tueuse à gages et d’un prof qui rêve de devenir écrivain, sachez que le 3ème tome du livre de Karuki Murakami sort chez Belfond. Enfin, Perre Bordage a terminé Frère Elthor, le 5ème tome de la fraternité du Panca. Vous pouvez lire les premiers sur Youboox.

Bonne lecture!

par Hayat Slimani