5 bonnes raisons de lire la BD Quai d’Orsay

La série Quai d’Orsay est née en 2010 de la collaboration entre Abel Lanzac, ancien conseiller au ministère des affaires étrangères et Christophe Blain, dessinateur des BD Gus. Après le succès du premier tome (Le Conseiller), ils remettent ça avec Chroniques diplomatiques. Un album hilarant et criant de vérité.

Arthur Vlaminck est chargé du « langage » au ministère des affaires étrangères. L’universitaire rédige les discours du ministre et se fait tailler en pièce. Si vous n’avez jamais réussi à entrer au Quai d’Orsay, poussez un soupir de soulagement et dites adieu à vos regrets. Vlaminck subit les remontrances continuelles, les nuits blanches à travailler sur deux mots sachant qu’au petit matin, le ministre à changé d’avis ou le gratifie d’un « Mais qui a eu cette idée stupide ! ». En plus, pas une réunion sans qu’un collège ne lui vole son travail (ça par contre … ça arrive partout).

Vous serez encore plus soulagé de ne pas écrire les discours du ministre.

Ce deuxième tome s’intéresse aux relations franco-américaines. Le pauvre Vlaminck est obligé d’écrire le discours du ministre Taillard de Vorms. Les Etats-Unis veulent s’engager dans une guerre contre le royaume de Lousdem et ce dernier s’apprête à intervenir à l’ONU. Tiens, tiens, ça vous rappelle pas un certain discours à propos de la guerre en Irak?

 Vous saurez à quoi servent vos impôts.

 C’est la partie moins drôle, histoire de saper le moral. C’est pour qui la note de l’hôtel 5 étoiles du ministre ? Et le coût de ses caprices ? Et le prix de tout ce qu’il faut pour le présenter à son avantage ? Bah c’est pour toi, moi, bref le contribuable. Pour couronner le tout, on me chuchote que ce n’est pas éloigné de la réalité.

Vous verrez Dominique de Villepin sous un autre jour.

Taillard de Vorms rappelle un certain Dominique. L’auteur fut l’un de ses proches collaborateurs donc ce n’est pas une coïncidence. J’adore quand Taillard de Vorms pique des crises de nerfs et s’exclame « les gens, c’est des cons ! ». Pour une fois qu’un ministre dit (vraiment) ce qu’il pense. Au passage, vous noterez les coups de Stabilo du ministre qui prépare ses phrases du jour. La dernière fois, je me suis amusée à placer « Il faut combattre le taylorisme du terrorisme ! » au hasard d’une conversation. Mon interlocuteur a acquiescé, comme quoi … ça marche.

Vous passerez un bon moment (oui, je sais, c’est un peu facile).

 Lanzac et Blain nous font rire sans écrire de vacheries. C’est déjà pas courant. On sent le travail quai fusionnel des deux auteurs, les dessins (pas surchargés, ouf!) collent parfaitement au scénario. J’ai une préférence pour les mines déconfites, parfaitement dessinées et qui servent bien les situations loufoques. Pour les fans, Blain expose son travail jusqu’au 7 mars prochain, plus d’infos ici.

 Je croise les doigts en souhaitant la sortie d’un troisième tome ! Bonne lecture.

par Hayat Slimani