En 2012, le cinéma nous promet une avalanche d’adaptations de livres français ou étrangers. Une fois n’est pas coutume, j’ai sorti le nez de mes livres et j’ai filé au cinéma. Mis à part le voisin râleur qui pense que «Le livre c’est toujours mieux ! Si c’est comme ça, je ne reviendrai plus !», l’expérience était agréable.
La Couleur des sentiments, trois femmes dans l’Amérique des années 60
Je fais toujours une petite entorse à la règle donc je vous présente d’abord un film sorti en octobre 2011 : La couleur des sentiments de Tate Taylor adapté du roman The Help («le personnel ») de Katryhn Stockett. L’histoire se déroule à Jackson, dans le Mississippi où la bourgeoisie américaine habite de grandes maisons colorées, sur une herbe plus que verte. Bref, (presque) tout est beau et bien rangé. Au début des années 60, les domestiques s’affairent pour élever les enfants des familles blanches mais n’ont pas le droit d’utiliser leurs toilettes : une ségrégation spatiale qui en dit long sur la ségrégation raciale… Voilà que débarque une empêcheuse de tourner en rond : la jeune Skeeter se met à collecter les histoires de ces femmes. Elle reçoit l’aide précieuse d’Abileen, une domestique noire, travaillant pour Mme Hilly, la femme la plus terrible de Jackson ! Les mauvaises langues disent que le film manque de nuances. Moi, j’ai trouvé qu’il était touchant, drôle, servi par de très bons comédiens.
La Taupe, espionnage et Guerre Froide
Passons au film salué par la critique, je parle évidemment de La Taupe de Tomas Alfredson, une adaptation du roman d’espionnage de John Le Carré. Je vous fais le tableau : Londres, dans les années 70, des fonctionnaires britanniques renouent avec Georges Smiley. Ils soupçonnent d’avoir affaire à une « taupe » dans leurs services. L’ancien agent du MI6 – les services secrets britanniques – va devoir trouver celui qui ne dit pas toute la vérité. L’histoire serait inspiré de l’affaire Philby, cet espion anglais qui a livré une quantité d’informations aux Soviétiques et qui ne fut démasqué que vingt ans après les faits. Même si le film vaut le coup d’être vu, je n’irai pas aussi loin que les journalistes et critiques dans mes compliments. L’intrigue est tortueuse … à tel point que cela peut devenir un peu confus. A part ça, si vous êtes fan de Le Carré, foncez au cinéma, vous y retrouverez tous les ingrédients de votre auteur préféré.
Millénium, la version de David Fincher
David Fincher, c’est le réalisateur de Fight Club sorti en 1991 dont j’avais beaucoup aimé les dialogues incisifs. Après L’étrange histoire de Benjamin Button et The social Network, il s’attaque à la trilogie suédoise Millénium de Stieg Larsson. Le roman avait déjà été adapté en 2009 par le Suédois Daniel Alfredson et cela de manière très réussie. Évidemment, la version de Fincher peut paraître plus ambitieuse mais il a disposé de 100 millions de dollars contre 10 seulement pour son collègue,c’est un début d’explication, non ? Oubliez le match Fincher VS Alfredson et plongez-vous dans l’un des deux. Un ancien rédacteur de la revue Millénium est approché par un gros industriel pour se pencher sur une enquête vieille de 40 ans. Le journaliste à l’ancienne (vous savez avec le petit bloc-notes et le crayon à papier) doit enquêter sur la disparition de la nièce de Vanger. Le souvenir est douloureux, d’autant plus qu’un petit malin lui rappelle cet événement tragique à chacun de ses anniversaires. Le journaliste se lance dans l’aventure avec Lisbeth Salander, une geek de chez geek avec ses côtés obscurs et pour seul espoir, une intuition. J’en dis pas plus!
Bonne séance !
par Hayat Slimani
















