BD et téléchargement illégal (1/3) : la catégorie éditoriale la plus touchée.

Tout au long de la semaine, je vous propose de réfléchir au sujet du moment : le téléchargement illégal. Un rapport indique que la BD est la catégorie éditoriale la plus touchée.

Le festival d’Angoulême est terminé. En tant que lecteur, vous devez avoir plein d’images et de belles rencontres en tête. En revanche, si vous êtes éditeur, vous n’avez pas récolté que de bonnes nouvelles cette année. A l’occasion du festival, l’observatoire du livre et de l’écrit en Île-de-France a publié un rapport sur téléchargement illégal de livres numériques. Je vois déjà les éditeurs, avec leurs petites calculettes, essayant de chiffrer le manque à gagner.

Jusqu’à 10.000 titres accessibles en quelques clics.

Le rapport montre que les sites de téléchargements illégaux généralistes qui proposent des ebooks de toutes catégories ont un large catalogue de BD trié par auteurs, dates et éditeurs. Les sites spécialisés dans le téléchargement de BD proposent même des « bundles », des paquets de BD. L’internaute peut alors télécharger jusqu’à 100Go de BD. Entre 8000 et 10 000 titres seraient accessibles. Le plus téléchargé ? Le guide du sexe en BD de Goupil. Tiens donc.

 

Qui sont ces affreux pirates ? 

Les fichiers, de très hautes qualités, ne sont pas l’œuvre d’amateurs. Les passionnés sont organisés en « teams » et traduisent parfois des centaines de pages de leurs BD préférées. Certains ne font que traduire, d’autres mettent en ligne ou s’assurent de la qualité du travail. Cette répartition des taches, manifestement efficace, leur permet de gérer les sites sur lesquels ils disposent des liens ou des fichiers. (Et là, vous êtes déçus car je n’ai inclus aucun lien vers les sites, je suis nouvelle vous comprenez, «je tiens à mon poste» comme on dit).

Le peer-to-peer, complètement dépassé ?

Le peer-to-peer est progressivement remplacé par le téléchargement direct via des sites qui proposent des centaines de liens et ouvrent de nouveaux horizons pour le téléchargement illégal. Il est très simple d’utiliser ces moyens pour accéder à la BD de son choix. Et pour ceux qui n’y trouvent pas leur compte, il reste le streaming. Autrefois utilisé pour les mangas, les amateurs de BD s’y mettent. Pas question de « cracker » les fichiers numériques légaux, ils scannent eux-mêmes les œuvres.

Des raisons qui expliquent le « succès » des BD ?

La mise à disposition de BD de façon illégale est bien plus simple que la mise à disposition de romans. Demandant moins de modifications, elle est plus rapide. L’offre légale est quasi-inexistante. Dommage pour un format qui se prête bien à la lecture en ligne.

Dans le prochain épisode, c’est promis, je prononce le mot qui fâche : Hadopi. On parlera des solutions – ou plutôt des non-solutions, voilà, ça c’est dit – adoptées en France et ailleurs !

A bientôt!

par Hayat Slimani


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>